Le projet Ocean Ecostructures, présent dans notre port, a pour objectif de favoriser la biodiversité marine et d’améliorer la fonctionnalité écologique des environnements portuaires grâce à des solutions basées sur la nature.
Le projet utilise des Life-Boosting Units (LBU), des structures biotechnologiques conçues pour favoriser la colonisation par des espèces marines et stimuler la création d’habitats submergés. Ces unités agissent comme des supports écologiques actifs, où s’installent des algues, des invertébrés et des poissons qui contribuent à enrichir la vie marine locale. Les résultats obtenus sont comparés à un mur témoin, une zone du même port sans LBU, qui sert de référence pour évaluer l’impact positif réel de la technologie sur la biodiversité et la productivité marine.
Résultats du prélèvement (septembre 2025)
Il est confirmé que les zones équipées de Life-Boosting Units (LBU) dans le port de L’Estartit ont connu une augmentation très significative de tous les paramètres écologiques par rapport au mur témoin, avec une hausse de 83 % de la richesse en espèces, de 133 % de la production de biomasse et de 132 % de la fixation du carbone (CO₂).
Ces valeurs démontrent que les LBU agissent comme des noyaux de régénération écologique, créant des conditions optimales pour la colonisation, la reproduction et la diversification des espèces marines.


Richesse en espèces : une augmentation allant jusqu’à 128 %
Lors du prélèvement, 55 espèces ont été identifiées dans les zones avec LBU, contre 30 espèces sur le mur témoin. L’augmentation est particulièrement notable dans :
- Quai Central : +128 % (41 espèces vs. 18 espèces)
- Bouche du port : +95 % (37 espèces vs. 19 espèces)
- Quai Garbí : +43 % (20 espèces vs. 14 espèces)
En ce qui concerne spécifiquement les poissons, la présence de juvéniles et de cinq espèces d’intérêt commercial a été enregistrée, ce qui suggère que les LBU fonctionnent comme des zones de reproduction et de refuge. Cette donnée est clé pour comprendre comment ces systèmes contribuent à rétablir l’équilibre écologique et à favoriser la durabilité de la pêche.
Biomasse : une augmentation moyenne de 133 %
La biomasse totale enregistrée dans les LBU atteint 111 kg, contre 47,5 kg pour le mur témoin. Les différences par zone sont très marquées et résultent de la productivité des LBU, mais surtout des conditions de départ différentes des murs témoins :
- Quai Central : +147 % (31,8 kg vs. 12,9 kg témoin)
- Bouche du port : +76 % (44,3 kg vs. 25,2 kg témoin)
- Quai Garbí : +271 % (34,9 kg vs. 9,4 kg témoin)
Ces données, dans l’ensemble, témoignent d’une plus grande productivité écologique, favorisant la colonisation par des organismes suspensivores et phototrophes.


Fixation du carbone et qualité du milieu
Les LBU montrent également une augmentation moyenne de 132 % de la fixation du CO₂ par rapport au mur témoin. La présence d’espèces phototrophes (algues) et suspensivores (éponges, bryozoaires et ascidies) favorise la fixation du CO₂ et contribue à une meilleure oxygénation du milieu. Les valeurs environnementales enregistrées, pH 8,3, oxygène dissous 7,14 mg/L et saturation 96 %, indiquent un écosystème stable et sain.
Interprétation écologique des résultats
L’analyse des groupes trophiques montre une communauté fonctionnellement équilibrée, avec :
- 53 % suspensivores : filtreurs qui améliorent la qualité de l’eau.
- 18 % phototrophes : producteurs primaires qui génèrent de la biomasse.
- 16 % carnivores : régulateurs naturels de la chaîne trophique.
Cette combinaison renforce la complexité écologique et favorise la résilience des écosystèmes marins. Les LBU, par conséquent, n’augmentent pas seulement la quantité de vie, mais aussi sa qualité et sa stabilité fonctionnelle.
Ces résultats positionnent les Life-Boosting Units comme un outil clé pour la restauration écologique des environnements portuaires. Leur impact est positif sur la biodiversité, la biomasse et la fixation du carbone, ce qui démontre qu’Ocean Ecostructures offre une solution efficace et évolutive pour inverser la perte des habitats côtiers. De plus, elles favorisent des écosystèmes marins plus sains et autosuffisants dans notre port et, potentiellement, dans l’ensemble du réseau portuaire méditerranéen.